La réputation du mythique trio pic du Montcalm (3088m), Pique d’Estats (3143m) et pic de Verdaguer (3131m) n’est plus à faire. La Pique d’Estats est le plus haut sommet d’Ariège et de la Catalogne qui attire de nombreux amoureux de la région chaque année. C’est encore une randonnée dans les Pyrénées qui nous tenait particulièrement à coeur et que nous avions en ligne de mire depuis un bon moment. Nous avons profité d’un passage dans la famille sur Toulouse pour réaliser cette ascension. Pour l’occasion, nous avions également en tête de marquer le coup. Un bivouac à la belle étoile au sommet du pic du Montcalm nous a semblé particulièrement judicieux. Bienvenue en Ariège, terre sauvage, et sur ses sommets emblématiques offrant une vue imprenable sur la chaîne.

Sommet du pic du Montcalm, randonnée en haute montagne en Ariège

Randonnée au pic du Montcalm et Pique d’Estats

Cette sortie marque notre dernière randonnée dans les Pyrénées avant un bon bout de temps. Vous le savez peut-être, mais nous avons entrepris un voyage en camping-car à travers la France et l’Europe. Presque un symbole puisque c’est également en Ariège que j’avais fait découvrir les Pyrénées à Ania avec une belle boucle incluant le pic du Tarbesou. Ainsi nous bouclons la boucle avec cette ascension de 3 sommets à 3000 : le pic du Montcalm, la Pique d’Estats et le pic de Verdaguer. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, il convient tout de même de préciser qu’ils sont très proches les uns des autres et qu’il ne s’agit en rien d’un exploit de les enchaîner, bien au contraire.

Pic du Montcalm (3088m)

Le pic du Montcalm surplombe la vallée du Vicdessos. Cet affluent de l’Ariège serpente dans une végétation luxuriante. L’absence de stations de sports d’hiver, la faible population et le peu de tourisme ont permis à la vallée de conserver son aspect très sauvage. Tout ce que l’on recherche pour profiter pleinement de ce que la nature peut nous offrir. Territoire emblématique de l’ours des Pyrénées aujourd’hui disparu, le massif a vu la population plantigrades augmenter depuis la réintroduction de spécimens en provenance de Slovénie. Le sujet cause de nombreux débats et nous n’y prendrons pas part ici puisque nous ne sommes pas spécialistes des grands prédateurs et de leur impact.

De nombreux pics très connus trônent au fond de la vallée du Vicdessos. Le pic du Montcalm en fait partie et sa notoriété en fait un sommet particulièrement convoité. En revanche, pour y monter, il faudra affronter 9km de montée avec un total de 1950m de dénivelé positif.

Sommet du pic du Montcalm en Ariège

Pique d’Estats (3143m)

Comme mentionné en introduction, la Pique d’Estats est le plus haut sommet d’Ariège et de Catalogne. Il représente donc un sommet de grand intérêt pour bon nombre de randonneurs. Depuis l’Espagne, il est assez facilement accessible (1100m de dénivelé positif). La course depuis la France est bien plus exigeante (2050m de dénivelé positif). Son voisin le pic Verdaguer (3143m) permet de cocher un nouveau sommet à plus de 3000m sur votre liste si vous vous prêtez à ce petit jeu.

Croix au sommet de la pique d'Estats
Croix sommitale de la pique d’Estats, emblématique pour de nombreux Catalans.

Notre itinéraire

C’est depuis le parking de l’Artigue, en fond de vallée du Vicdessos que nous nous sommes lancés à l’assaut de ces géants pyrénéens. Notre plan était très simple, il consistait à partir en début de matinée et arriver au sommet du Montcalm dans l’après-midi pour y passer la nuit.

Pour y arriver, une halte au refuge du Pinet et à l’étang du Montcalm s’imposeront.

Après un bivouac à la belle étoile et on l’espère un lever de soleil d’anthologie, nous prendrons la direction de la Pique d’Estats et du Verdaguer. La descente sera longue, mais après une telle nuit si près des étoiles, rien n’est insurmontable.

En pratique, voici les statistiques de cette course :

Distance19 kmAltitude min1180 m
Dénivelé +2100 mAltitude max3143 m
Dénivelé –2100 mTemps (A/R) sans pauses10h30
Itinéraire randonnée au pic du Montcalm et pique d'Estats

Pour le temps, nous avons mis 6h avec les pauses pour monter au pic du Montcalm. Cela comprend une pause repas d’une demi heure au refuge du Pinet et une autre pause d’une demi heure pour observer et photographier des bouquetins au dessus de l’Étang du Montcalm. Il nous aura fallu 30 min pour atteindre la Pique d’Estats depuis le Montcalm et 4h pour redescendre au parking.

Pour vous aider, la carte interactive habituelle :

Voir en plein écran

Topo de notre randonnée au pic du Montcalm et à la Pique d’Estats

Maintenant que vous en savez plus sur cette magnifique vallée du Vicdessos, il est temps d’entrer dans le vif du sujet. Voici donc le récit et le topo de cette randonnée au pic du Montcalm.

Départ du parking de l’Artigue

Partis de Toulouse sur les coups de 7h afin d’éviter les terribles embouteillages urbains, nous arrivons au parking de l’Artigue vers 8h45. Il y a déjà beaucoup de voitures garées et il faut scruter attentivement pour trouver une place. Face à cette première désillusion, à l’ouverture de la portière le doux chant de la rivière nous rassure. Il fait tout de même déjà bien chaud pour une matinée à cette altitude. Les prévisions météo annonçaient une journée caniculaire et trouver de la fraîcheur dans ce secteur des Pyrénées semblait compromis. Les courants chauds arrivent du nord de l’Afrique après avoir traversé l’Espagne. Les Pyrénées Centrales sont un des secteurs qui souffre le plus du réchauffement climatique et nous nous apprêtions à en faire les frais.

Une fois que nous avions vérifié pour la 4ème fois ne rien avoir oublié, nous pouvions nous mettre en route. Il faut longer le Vicdessos sur quelques centaines de mètres avant d’arriver à un pont qui le traverse. Le chemin se divise en deux. Les familles et les touristes pourront aller contempler la cascade de l’Artigue en longeant le ruisseau éponyme. Les montagnards prendront à gauche en direction de l’étang du Pinet.

La forêt

C’est ici que démarrent réellement les hostilités. Le sentier s’enfonce dans la forêt. La pente est raide. L’effort est accentué par le poids de nos sacs, mais notre motivation reste intacte. Même après s’être faits dépasser par un trailer en forme. Vers 1650m, la densité d’arbre réduit drastiquement. On aperçoit la pique rouge de Bassies (2622m) depuis une clairière. En sortant du bois, la végétation change. On prend le temps de faire une petite pause.

Le hasard a bien fait les choses, nous avons posé nos sacs sur un myrtillier bien garni. On se délecte de quelques dizaines de baies avant de repartir. Autour de 1680m, il est possible de choisir entre 2 sentiers. Les deux mènent au refuge du Pinet. Le premier semble plus direct sur la carte alors que le second fait un crochet par l’étang Sourd. Comme nous voulons arriver le plus tôt possible pour assurer notre place au sommet, nous choisissons celui qui ne fait pas de détour.

Les pentes ariégeoises

La suite s’effectue à travers des pentes d’encore plus forte inclinaison. Les pelouses de gispet verdoyantes s’étendent à perte de vue. Il n’y a plus les arbres pour nous protéger du soleil et le mercure commence à monter sérieusement. Cette section commence à nous affaiblir et nous nous promettons de faire notre prochaine pause au refuge.

Il faut fournir un petit effort pour gravir les derniers hectomètres de dénivelé. On devine l’emplacement du refuge derrière une bute.

Refuge du Pinet (2224m)

11h30, nous sommes partis depuis 2h et j’aperçois le petit panneau qui indique le refuge. Derrière lui, le lac est d’un bleu-vert très marqué. J’annonce la bonne nouvelle à Ania pour l’aider à gravir les derniers mètres de dénivelé positif. Notre timing est plutôt bon, du coup, on prend le temps de manger un morceau. Le refuge est perché. Il surplombe le lac d’une vingtaine de mètre. En arrière-plan, la vallée du Vicdessos sur laquelle il semble trôner. La base de la bâtisse est en pierre, surmontée par des planches de bois. La toiture de forme atypique pour un refuge pyrénéen est en taule. Il a plutôt fière allure.

Le refuge du Pinet peut accueillir 54 personnes pendant sa période de gardiennage. La partie hivernale offre la possibilité de loger 18 personnes. Notez qu’elle ne dispose pas de poêle ou d’accès à l’eau potable.

On s’installe au bord du lac pour un petit pique-nique salvateur. C’est plutôt bon de se dire que nous avons effectué plus de la moitié de dénivelé positif de la randonnée, mais l’ascension vers le Montcalm est encore longue. Le refuge du Pinet est également l’endroit idéal pour refaire le plein d’eau avant de s’attaquer à la suite de l’itinéraire. Les batteries rechargées, on se remet en marche avec l’objectif d’arriver pas trop tard au sommet.

Étang d’Estats et étang du Montcalm

La suite du sentier nous fait mettre le cap au sud. On prend un peu de hauteur par rapport au refuge et le point de vue sur l’établissement est absolument superbe. Il est midi passé, vous noterez la présence de nombreuses tentes autour du lac. La transition entre les estives vertes et le monde minéral de la haute montagne est en cours.

Refuge du Pinet randonnée du pic du Montcalm
Randonnée en Ariège au pic du Montcalm

Les deux pics emblématiques de cette vallée de l’Ariège disposent d’un étang à leur effigie. Environ 200m de dénivelé positif au dessus de l’étang Pinet, nous arrivons à l’étang d’Estats (2415m). En réalité, on surplombe ce très beau lac sans trop s’y attarder. Il faut quand même prendre le temps d’apprécier le cadre. L’eau turquoise donne un très beau contraste avec la roche rouge des berges abruptes.

En poursuivant le gain d’altitude d’environ 150m, on parvient à l’étang du Montcalm (2566m). Nous sommes au pied de la pointe du Montcalm (2940m). C’est également notre dernier point de ravitaillement en eau. Nous remplissons nos camelbacks et une gourde afin de pouvoir cuisiner et nous hydrater cette nuit. C’est l’un des points négatifs des bivouacs en sommet, il n’y a pas d’accès à l’eau.

Le sentier contourne légèrement l’étang par le sud-ouest. On attaque une section de pierrier qui risque d’être longue.

Col de la Coumette

L’environnement est totalement minéral à cette altitude. La roche confère au paysage une dimension austère. Le sentier n’est pas toujours bien visible, mais les nombreux groupes qui descendent du pic du Montcalm et de la Pique d’Estats font office de balisage. Je prends soin de demander à chacun d’entre eux si des gens sont déjà en place pour bivouaquer au sommet. Dans les topos que nous avons regardés, il n’est fait état que d’un grand cairn pouvant abriter 2 à 3 personnes. Il serait vraiment dommage de devoir redescendre loin du sommet pour la nuit.

Avant le col de la Coumette (2900m), il faut traverser un névé. Rescapé des températures caniculaires de ces quelques journées chaudes de juillet. C’est presque rassurant et réconfortant de traverser de la neige dans ce milieu rocailleux. Outre la dimension purement environnementale et le fait que cette année, l’enneigement a été ultra déficitaire et les glaciers plus à nu que jamais, ce passage sur la neige aura permis de reposer un peu nos pieds. En arrivant au col, une nouvelle pause s’impose.

Les bouquetins du massif du Montcalm

En scrutant le flan de montagne qui mène à la Pique d’Estats, on aperçoit un randonneur. Il descend un névé très pentu, à l’ombre. Encore plus surprenant, il s’apprête à croiser une harde de bouquetins. Les caprins ne peuvent pas le voir à cause du relief, mais ils ne semblent pas non plus l’entendre. Lui ne les voyait pas non plus, jusqu’à ce qu’il déboule à quelques centimètres d’un gros mâle. Ça a dû être une sacrée surprise. On profite de la docilité des animaux pour leur tirer le portrait au téléobjectif. Nous sommes malheureusement loin et le manque de motivation nous contraint à rester sur place. Nous discutons un peu avec le randonneur avant de reprendre la route pour les derniers 200m de dénivelé de la journée.

Arrivée au pic du Montcalm

Nous prenons la sente qui relie le col de la Coumette au col de Riufret (2978m). La montée des lacets est rude après presque 2000m de dénivelé positif sous un soleil de plomb. Même à presque 3000m d’altitude, la chaleur est accablante. C’est ici que le sentier se sépare en deux chemins. L’un prend la direction du nord-est vers le pic du Montcalm et l’autre du sud-ouest vers la Pique d’Estats et le Verdaguer.

Montée au pic du Montcalm randonnée en Ariège
Paysage lunaire, ambiance d’altitude dans le massif du Montcalm

Je prends les devants et attendrai Ania en haut afin de vérifier qu’il y a de la place au sommet du Montcalm. En arrivant pas loin de la plateforme sommitale, j’aperçois déjà plusieurs murets de pierre qui feront largement l’affaire, au cas où. Surprise en arrivant au sommet, nous sommes seuls. Il est 15h30 et le très large muret de pierres circulaire est vide. Nous y posons nos sacs en constatant qu’il y a en réalité une multitude d’autres spots de bivouac. Les murets sont plus petits, mais ils font tout de même l’affaire. L’avantage de celui qui se trouve au sommet, c’est sa hauteur. 1m20 de blocs pour se protéger du vent et une entrée qui laisse pile entrevoir le soleil qui se lève, on peut comparer ça à du 5 étoiles sans problème.

Panorama depuis le sommet du Montcalm
Le panorama du sommet vaut largement les efforts du la montée.

Bivouac au sommet du Montcalm

Il fait encore très chaud quand nous préparons notre petit nid douillet pour le soir. Pour un bivouac à la belle étoile sur ce sommet nous avons utilisé :

  • Une couverture de survie pour 2
  • Un matelas de sol gonflable chacun
  • Un duvet confort 0° chacun
Campement pour bivouac au sommet du pic du Montcalm
Équipement basique et confort sommaire, mais a-t’on réellement besoin de plus quand on dort là haut ?

La météo annonçait 38°C à Vicdessos ce jour là, et nous devions dépasser les 15 degrés à 3000m. Le temps que le soleil se couche, nous en avons profité pour faire une petite sieste et lire face au reste des Pyrénées. Le calme absolu et ce panorama fantastique nous procurent un sentiment de bien être total. Un voile assez épais nous empêche de distinguer les pics emblématiques comme l’Aneto, les Posets ou le Néouvielle.

Vers 18h, c’est l’heure de « l’apéro » avec une soupe et un aller-retour de saucisson. Par souci d’économies d’eau, nous avons utilisé l’eau d’un petit névé qui subsistait sur la face est du pic. Une fois la neige fondue, nous avons pris soin de bien faire bouillir l’eau pour ne pas risquer de contamination.

Coucher de soleil depuis le Montcalm

Après plusieurs heures d’attente, une lutte acharnée pour ne pas sombrer dans les bras de Morphée et un bon repas à base de fried rice maison concocté la veille, le moment tant attendu de l’heure dorée est arrivé. Le soleil commence à descendre et sa lumière peint le ciel avec une palette de couleurs allant du jaune léger au rouge vif. Les teintes changent à mesure que l’étoile descend vers l’horizon. Sa trajectoire est presque dans l’axe de celle du Mont Valier (2838m) qui s’élève sur le toit du Couserans.

Bivouac au pic du Montcalm à la belle étoile
Disparition imminente

Ce moment est comme souvent magique. D’un côté comme de l’autre, la montagne se transforme et baigne dans des couleurs éclatantes. Le soleil devient rouge juste avant de disparaître jusqu’à demain. La Lune se lève. Elle est presque pleine et risque de nous éclairer toute la nuit. C’est râté pour les étoiles, mais on s’en contentera, on ne peut pas tout avoir. Pour nous, il est l’heure d’aller reprendre des forces. La journée du lendemain commencera avec les premiers rayons et la descente risque d’être longue.

Nuit à la belle étoile sans étoiles

Comme prévu, la Lune aura empêché la nuit de diffuser son obscurité. Heureusement, le mur de pierre qui nous protège du vent est suffisamment haut. L’astre est restée derrière le muret et nous ne recevions donc pas son éclatante lumière en pleine figure. Pour vous faire une idée, nous n’avons pas eu besoin des lampes frontales pour chercher notre gourde en pleine nuit. Ça n’a pas trop perturbé Ania. Pour moi qui ai le sommeil plutôt léger, c’est une autre histoire. J’ai malgré tout réussi à comptabiliser quelques heures de sommeil paradoxal, c’est mieux que rien.

Bivouac au sommet du pic du Montcalm, randonnée magnifique dans l'Ariège Pyrénées
Bonne nuit en perspective !

Du Montcalm à la Pique d’Estats et retour à l’Artigue

Les premiers rayons du soleil ont percé l’horizon vers 5h50. Nous avons très vite lancé l’eau pour le café. Surprise, nous avons de la compagnie pour ce lever de soleil. Un randonneur a fait l’effort de l’ascension finale en fin de nuit depuis l’étang du Montcalm. Il a été assez surpris de nous trouver là en arrivant. Nous avons donc partagé cette aurore colorée avec Jules, un amoureux de la montagne originaire des Alpes. Il découvre les Pyrénées ariégeoises en solitaire et voyage avec son Kangoo.

Bivouac au pic du Montcalm Ariège
Le café soluble qui vaut n’importe quel petit déjeuner dans un hôtel étoilé ?
Lever de soleil depuis le pic du Montcalm

L’apparition du soleil nous aura bien réchauffés. Après avoir immortalisé cet énième moment magique, il est l’heure de ranger notre matériel. Jules prend de l’avance et nous le rejoindrons à la Pique d’Estats. On remballe tout et vérifie bien que nous n’ayons rien laissé traîner. C’est pour nous très important de quitter un endroit sans y laisser de traces autres que celles de nos pas. On entame la descente vers le col du Riufret dans la joie et la bonne humeur. Une nouvelle journée magnifique en montagne se profile.

Pic du Montcalm au levé du soleil
On profite une dernière fois de cette vue avant de se lancer vers la Pique d’Estats

Pique d’Estats

Pour monter à la Pique d’Estats, il suffit de gravir 160m de dénivelé positif depuis le col du Riufret. Le sentier est bien marqué, et après les 2000d+ de la veille, c’est une formalité. C’est vraiment surprenant à quel point une nuit de repos redonne à notre corps toute son énergie. Quand on arrive en haut, on rencontre un autre randonneur qui a passé la nuit au sommet. Il y a un tout petit espace pour une personne un peu après la grande croix. La Pique d’Estats n’est pas le meilleur sommet pour passer la nuit. Il n’est pas large, plutôt exposé au vent et très rocailleux. En revanche, il offre également un superbe point de vue pour le coucher du soleil puisqu’il domine toute la Catalogne.

Pic de Verdaguer

Pour la forme, en descendant de la Pique d’Estats, nous faisons un passage par le pic de Verdaguer. Juste histoire d’ajouter un sommet à 3000m à la liste. Sa vue n’a vraiment rien de plus que celle de la Pique d’Estats, mais le détour occasionné n’est pas long. Nous amorçons ensuite la descente en compagnie de Jules qui doit repasser par son campement à l’étang du Montcalm.

Pic Verdaguer

Retour au refuge du Pinet

En descendant du pic de Verdaguer, nous avons croisé un groupe rencontré la veille. Ils étaient incrédules quant à la possibilité de dormir à la belle étoile à 3000m d’altitude. Alors, on ne va pas se mentir, ce ne sera pas la meilleure nuit de votre vie en ce qui concerne la qualité du sommeil. Il faut également s’assurer que les conditions sont bonnes. Je vous vois venir à me blâmer après votre première nuit à la belle étoile en altitude, revenir trempés et frigorifiés. Il est indispensable de bien étudier les conditions météos et de partir avec du matériel adapté ! Par contre, lorsque les planètes s’alignent, cela peut définitivement compter parmi vos plus beaux moments passés en montagne.

Descente du pic du Montcalm

Après un rapide petit déjeuner à l’étang du Montcalm, on poursuit le retour. On marche assez vite tout en discutant avec Jules. Il nous raconte son tour du Mont Valier et de sa passion pour la Scandinavie. Nous lui parlons de notre mode de vie en camping-car. Ces échanges sont riches et très intéressants. Ils font presque oublier que nous venons de faire 1000m de dénivelé négatif.

Retour de la pique d'Estats et du pic du Montcalm direction le refuge du Pinet

On passe par le refuge du Pinet et on profite du bon rythme de la descente pour s’octroyer une pause café. La gardienne est très accueillante, et la vue sur l’étang n’est vraiment pas désagréable.

Étang Sourd

Comme nous avions pris le chemin direct à l’aller, nous optons pour un passage par l’étang Sourd avant de nous engager dans la forêt. Et ce fut une belle surprise puisque ce petit lac de montagne est vraiment beau. On profite du cadre pour manger une barre céréale. La source permet de remplir nos réserves d’eau avant la dernière partie. À mesure que l’altitude baisse, la chaleur se fait de plus en plus ressentir.

On retrouve le sentier principal. L’affluence commence à elle aussi augmenter de manière significative. La descente dans la forêt est finalement assez rapide. Je redoutais un peu ce passage à cause de la fatigue accumulée et du poids du sac. C’est généralement sur la fin, quand on s’y attend le moins qu’il est le plus probable de se faire mal. Les jambes commencent à peser, mais la bonne compagnie et les conversations qui fusent nous font oublier les kilomètres et l’important dénivelé cumulé ces dernières 24 heures.

Étang sourd sur le sentier du pic du Montcalm

Parking de l’Artigue

Quand on arrive au parking de l’Artigue, on se serait cru à une kermesse. Un monde fou, des cris, des voitures qui tournent très longtemps pour trouver une place… Certains n’ont pas eu la patience et se sont garés n’importe comment. C’est le moment tant redouté de la désillusion. Quelques heures plus tôt, nous étions 3 au sommet du Montcalm où régnait une sérénité déconcertante. Là, nous sommes au milieu de la foule en délire qui tente de s’initier aux plaisirs de la montagne. Suis-je devenu un ours incapable de supporter la présence de trop nombreux humains ? Probablement. Les innombrables mouchoirs dissimulés derrières les voitures sur le parking sont-ils en partie responsables de ce sentiment ? Très certainement. Vite, on range nos affaires et on raccompagne Jules à son Kangoo pour partager un verre avant de se quitter.

Bilan randonnée pic du Montcalm et Pique d’Estats

Comme toujours en fin d’article, un petit bilan sur cette randonnée en terres ariégeoises. L’Ariège est certainement le département des Pyrénées qui est le moins sujet au tourisme de masse. Sauvage et préservé, il conserve donc une authenticité qui nous plait tant. Le pic du Montcalm est assez populaire, mais en partant à contre-courant, on s’affranchit de l’affluence, qui reste relativement modeste comparée à d’autres sommets à plus de 3000m plus accessibles comme le Taillon.

Au cours de cette randonnée jusqu’au Montcalm et la Pique d’Estats, on a le droit à toute la diversité de paysages des Pyrénées. La forêt dense, les prairies d’estive puis le monde minéral s’enchaîne de manière logique à mesure que l’altitude augmente. La course, si elle vous intéresse sur la journée, est plutôt exigeante. Avec des sacs de 14 et 17kg, pour nous, il n’aurait pas fallu rajouter 200m de dénivelé positif auquel cas nous aurions beaucoup souffert. Mais la splendeur des lieux et ce cadre typique de la haute montagne nous permettent toujours de puiser un peu d’énergie afin d’arriver en haut.

Coucher de soleil depuis le pic du Montcalm

La suite ?

Cette randonnée au pic du Montcalm était notre dernière dans les Pyrénées. Nous avons plutôt bien écumé cette chaîne qui reste mon territoire de coeur. Destination le Jura et les Alpes pour les mois à venir. J’ai mis de côté mon chauvinisme. Le fromage des Pyrénées, la garbure bien chaude et les villages festifs aux toitures d’ardoise, nous ne les reverrons pas avant un bon moment. Place à la découverte d’autres massifs, sommets et plaisirs gastronomiques. Nous espérons que nos topos de randonnées dans les Pyrénées vous permettront de vivre d’aussi beaux moments que ceux que nous avons passés en montagne.

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